imageLettre ouverte des élus communistes et républicains de la CALL
Non à l’explosion de la fiscalité !

Madame, Monsieur, Cher(e)s collègues,
Le vote du budget est l’acte le plus fondamental que nous ayons à réaliser en tant qu’élus, un acte qui est la manifestation concrète de nos choix politiques.
Au fil des ans et des réformes gouvernementales, la conciliation entre les services que nous souhaitons rendre à nos administrés et la nécessaire maîtrise de nos dépenses est devenue plus difficile.
Les transferts de charges incessants et couteux, ajoutés à l’amputation d’une part significative de nos dotations, nous obligent à revoir nos projets.
Ces décisions sont souvent douloureuses tant nous souhaitons offrir à nos habitants des services qui leur permettent de vivre dignement et de préparer l’avenir de leurs enfants de façon plus sereine.
Dans un contexte aussi contraint, ce n’est rien moins qu’un tour de force que de parvenir à assumer notre rôle tout en veillant à ne pas faire peser sur eux des charges supplémentaires que la très grande majorité ne peut plus supporter.
Pourtant, nous y sommes parvenus. Dans la quasi-totalité des communes de cette agglomération, et malgré ce contexte particulièrement contraint, les élus ont opéré des choix courageux et décidé de maintenir leurs taux d’imposition.
Cette détermination constatée au niveau communal semble pourtant ne plus être de mise au niveau de notre Communauté d’agglomération puisque l’exécutif souhaite entériner une véritable envolée fiscale représentant pas moins de 23% d’augmentation par rapport à 2015.
Ainsi, après avoir estimé qu’il est normal pour les collectivités locales de contribuer à l’effort national de réduction des dépenses publiques, les dirigeants de cette agglomération décident de transférer le poids de cet effort sur des populations dont les problèmes semblent soudainement ne plus être une préoccupation majeure. L’éloignement des centres de décisions ne saurait pourtant justifier un quelconque abandon dans la nécessaire prise en compte de la réalité vécue par celles-ci.
En partant des besoins financiers nécessaires à l’accomplissement de ses projets pour l’établissement de son budget, l’exécutif fait l’économie d’une réflexion approfondie sur le contenu de ses politiques et sur les résultats obtenus ou escomptés. En décidant purement et simplement d’une telle augmentation de la fiscalité, il ignore cette nécessaire maîtrise des dépenses à laquelle chacune de nos communes s’astreint depuis des années.
Si l’avenir d’un territoire se décide aujourd’hui et nécessite des investissements, il ne se prépare pas en démultipliant les projets et ce, au détriment des besoins actuels des familles qui, pressurées de toutes parts, risquent, pour beaucoup d’entre elles, de basculer de la précarité à la pauvreté.
Parce que nous avons toujours estimé que, dans une communauté d’agglomération, la meilleure façon de répondre à l’intérêt général est de travailler ensemble, nous considérons comme indispensables le débat d’idées et la prise en compte des propositions de toutes les communes qui la composent. Ce principe est si essentiel au fonctionnement d’une intercommunalité qu’il a d’ailleurs été souligné par tous les présidents de la CALL lors de leur élection.
Ce n’est pourtant pas lui qui a présidé à l’élaboration de ce budget dont l’opacité se retrouve dans les documents qui nous ont été fournis. En déniant aux commissions leurs possibilités d’émettre des avis sur les projets qui relèvent de leurs compétences et en organisant une commission des finances dans l’urgence suite au déroulement pathétique d’une commission des commissions, l’exécutif de la CALL s’est livré à un véritable déni de démocratie.
Parce que le progrès humain et social ne peut être assuré qu’en imaginant l’avenir tout en tenant compte des réalités vécues au quotidien par les populations,
Parce que les valeurs de gauche, (trop souvent mises de côté par ce gouvernement), doivent redevenir la boussole qui guide les décisions de la CALL,
Nous appelons les élus de notre communauté d’agglomération à refuser un budget qui ajoutera encore à la colère et au découragement de notre population, et à demander la remise à plat des politiques communautaires de façon à remplacer les hausses de fiscalité par des choix judicieux en matière de dépenses.

Signataires :
Angres : Maryse Coupin, Serge Poix ; Annay-sous-Lens : Yves Terlat ; Avion : Jean-Marc Tellier, Martine Vandevoorde, Perrine Cioffi, Rose-May Schiavon, Pierre Cheret, Jean Letoquart ; Billy-Montigny : Bruno Troni, Dominique Faliva ; Bouvigny-Boyeffles : Maurice Viseux ; Grenay : Christian Champire, Christelle Buissette ; Harnes : Jean-Marie Fontaine ; Liévin : Daniel Dernoncourt ; Méricourt : Bernard Baude, Rose-Marie Julliard, Alexandre D’andréa ; Meurchin : Daniel Top, Sylvie Dupuis ; Sallaumines : Christian Pedowski, Patrick Cambray ; Wingles : Christophe Druelles

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